Pour comparer les assurances auto, il faut d’abord distinguer les garanties imposées par la loi de celles qui sont facultatives. En Suisse, seule l’assurance responsabilité civile automobile est obligatoire. La casco reste un choix. Contrairement à l’assurance maladie, il n’existe pas de prime officielle de référence. Dans son rapport sur le marché de l’assurance pour 2025, la FINMA fait état de 4,082 milliards de francs de primes casco pour les véhicules terrestres, soit une hausse de 5,6 %, et de 2,687 milliards de primes en responsabilité civile pour ces mêmes véhicules, en hausse de 2,5 %. Ces montants décrivent l’ensemble du marché : ils ne correspondent pas à votre prime individuelle.
Pour être pertinente, une comparaison d’assurances auto doit porter sur des profils équivalents. Le véhicule, les conducteurs, le lieu de résidence, les franchises et les sinistres antérieurs influencent le tarif. Les notes de satisfaction reflètent, quant à elles, l’appréciation des assurés sur leur compagnie, mais ne permettent pas de connaître la prime qui vous sera proposée à Genève ou à Lausanne. Notre page consacrée à l’assurance automobile présente les prestations de conseil. Cet article se concentre sur la méthode de comparaison, les montants minimaux de couverture prévus par la loi et les enquêtes publiées en 2026.
Ce que la loi impose
L’article 3 de l’ordonnance sur l’assurance des véhicules définit les montants minimaux de couverture. L’assurance doit garantir les prétentions des personnes lésées à hauteur de 5 millions de francs par événement, tous dommages corporels et matériels confondus. Ce minimum est en vigueur depuis le 1er janvier 2005. Il s’élève à 10 millions pour les véhicules transportant de 10 à 50 personnes, puis à 20 millions au-delà de 50 places.
Selon les indications du Bureau national suisse d’assurance et de l’OFROU, la grande majorité des contrats suisses prévoient une couverture bien supérieure, généralement d’au moins 100 millions de francs. Une police limitée au minimum légal et une autre offrant une garantie de 100 millions ne procurent donc pas la même protection. Pour une voiture particulière, la différence se remarque rarement au quotidien, mais elle peut devenir déterminante si les dommages causés par un sinistre dépassent le plafond prévu au contrat.
Sans attestation d’assurance, le service des automobiles ne peut pas immatriculer le véhicule. En cas de non-paiement de la prime, l’assureur peut suspendre la couverture et en informer les autorités. Le permis de circulation peut alors être retiré. La responsabilité civile prend en charge les dommages causés à des tiers, à leurs véhicules ou à leurs biens. En revanche, elle ne couvre ni les réparations de votre propre voiture ni vos blessures lorsque vous êtes responsable de l’accident.
Dans une publication du 12 septembre 2025, l’Association Suisse d’Assurances rappelait que plus de 6,5 millions de véhicules étaient immatriculés en Suisse. Les tarifs sont établis en fonction du risque. L’assureur peut notamment tenir compte du véhicule, du conducteur, du lieu de résidence, de l’utilisation et de l’historique des sinistres, pour autant que ces critères reposent sur des données statistiques. Il n’existe pas de barème fédéral unique de bonus-malus. Un historique sans sinistre ne donne donc pas automatiquement droit au même pourcentage de bonus chez un autre assureur, qui évalue le dossier selon ses propres critères.
Casco partielle et casco complète
L’assurance casco couvre les dommages subis par le véhicule assuré. Contrairement à la responsabilité civile, elle n’est pas obligatoire. La casco partielle prend généralement en charge les dommages indépendants de la conduite de l’assuré : vol, incendie, événements naturels, collision avec un animal ou bris de glace. Cette liste n’est toutefois pas fixée de manière uniforme par la législation fédérale. Chaque contrat précise les risques couverts et les franchises applicables. Pour les vitrages, consultez également notre page consacrée au bris de glace.
La casco complète ajoute notamment la garantie collision, y compris lorsque le conducteur assuré est responsable, et couvre souvent les dommages de parcage. Un contrat de leasing ou de crédit peut imposer cette couverture : l’obligation découle alors du contrat de financement, et non de la loi. Pour une voiture récente, le coût potentiel des réparations peut largement dépasser une prime annuelle. À l’inverse, pour un véhicule ancien, sa valeur résiduelle peut rendre la garantie collision moins intéressante. La comparaison doit donc porter sur la valeur assurée et les franchises, et non sur la seule dénomination de la couverture.
D’autres garanties peuvent compléter l’assurance auto, sans se substituer les unes aux autres. L’assistance panne intervient notamment pour le dépannage, le remorquage et la poursuite du voyage ; elle ne couvre pas votre responsabilité envers des tiers. La protection juridique circulation peut prendre en charge certains litiges liés, par exemple, à une contestation, à un retrait de permis ou à l’achat ou à la réparation d’un véhicule. L’assurance des occupants, lorsqu’elle est souscrite, prévoit des prestations en cas de blessures des personnes transportées, selon ses conditions contractuelles. Enfin, l’assurance temporaire offre une couverture pour une durée limitée ; elle ne remplace pas l’assurance annuelle examinée dans cet article.
Les chiffres de la FINMA pour 2025
Ces deux branches représentent à elles seules 20 % du marché suisse de l’assurance non-vie : 12,1 % des primes brutes pour la casco et 7,9 % pour la responsabilité civile des véhicules. La FINMA indique que, selon l’OFS, le nombre de véhicules mis en circulation a diminué de 2 % entre 2024 et 2025. La progression des primes ne s’explique donc pas par l’augmentation du nombre de véhicules. Le rapport avance deux facteurs possibles : la hausse de la valeur assurée par véhicule et l’application de tarifs plus élevés.
L’évolution du taux de sinistralité apporte un autre éclairage. En casco, celui-ci est passé de 81,7 % en 2024 à 76,5 % en 2025, soit une baisse de 5,2 points. La FINMA attribue notamment cette évolution à une diminution des dommages liés aux intempéries, malgré l’éboulement de Blatten. En responsabilité civile des véhicules, le taux est au contraire passé de 39,8 % à 47,9 %, soit une hausse de 8,1 points. Parallèlement, le coût croissant des composants électroniques alourdit les factures de réparation, ce qui a contribué à des ajustements tarifaires.
L’Association Suisse d’Assurances relève une évolution comparable dans les ateliers. Les systèmes d’aide à la conduite contribuent à limiter certains accidents graves, mais rendent aussi les réparations plus coûteuses après un choc mineur. Un rétroviseur équipé de capteurs, par exemple, coûte davantage à remplacer qu’un miroir d’ancienne génération. À cela s’ajoutent la hausse du prix des pièces et celle des salaires. L’année 2024 avait déjà été marquée par une sinistralité importante. Ces facteurs permettent de comprendre la tendance générale, mais pas de déterminer la hausse qui sera appliquée à votre contrat.
Quels assurés ont vu leur prime augmenter ?
Le 16 juin 2026, bonus.ch a publié les résultats d’une enquête menée auprès de plus de 1 600 personnes assurées pour leur véhicule. La fiche de résultats de la Mobilière, établie pour cette même vague d’enquête, mentionne précisément 1 683 participants. Sur une période de deux ans, 69 % des personnes interrogées déclarent avoir subi une augmentation de leur prime : 41 % la qualifient de légère et 28 % d’importante. Les 31 % restants ne signalent aucune hausse.
Les différences régionales sont marquées. En Suisse italienne, 78 % des répondants déclarent une hausse, que 35 % jugent importante. Cette proportion atteint 70 % en Suisse romande et 65 % en Suisse alémanique. Les 30 à 39 ans sont les plus concernés, avec 77 % de hausses déclarées, contre 64 % chez les 60 à 69 ans. Parmi les clients de la Mobilière ayant répondu à l’enquête, 48 % signalent une augmentation, contre 86 % chez ceux de Zurich. Il s’agit de déclarations d’assurés, et non de grilles tarifaires officielles de ces compagnies.
Malgré ces hausses, peu d’assurés ont changé de compagnie : 12 % l’ont fait au cours de l’année écoulée, tandis que 88 % sont restés fidèles à leur assureur. La qualité du service arrive en tête des raisons invoquées pour rester (41 %), devant le montant de la prime (32 %) et les prestations (19 %). Seuls 8 % citent un délai de résiliation manqué. Parmi les personnes ayant changé d’assureur, le prix constitue désormais le principal motif de départ : 53 % en 2026, contre 40 % en 2025. La part de celles qui évoquent l’offre d’un concurrent recule de 18 % à 11 %, et celle qui mentionne l’achat d’un véhicule passe de 22 % à 18 %.
Les explications fournies par les assureurs ne convainquent pas toujours. Seuls 13 % des répondants déclarent les comprendre entièrement, 45 % les comprendre en partie et 42 % peu ou pas du tout. En Suisse romande, cette dernière proportion atteint 45 %. Pourtant, 62 % estiment que leur prime reste adaptée à leur profil (23 % répondent « oui » et 39 % « plutôt oui »), tandis que 38 % pensent le contraire. Les 30 à 39 ans se montrent les plus critiques : 49 % jugent leur prime peu ou pas justifiée. À l’inverse, 75 % des personnes de 80 ans et plus la considèrent comme justifiée ou plutôt justifiée.
Lorsqu’on leur demande quels critères devraient peser dans le calcul des primes, les assurés citent d’abord l’historique des sinistres (37 %), puis le comportement au volant (28 %) et le profil du conducteur (21 %). Le type de véhicule n’arrive qu’ensuite (13 %). Le lieu de résidence n’est mentionné que par 2 % des répondants, alors qu’il intervient fréquemment dans le calcul des tarifs. Les attentes des assurés ne correspondent donc pas toujours aux critères retenus par les compagnies.
Trois enquêtes de satisfaction, trois classements
La même enquête de bonus.ch évalue la satisfaction des assurés sur une échelle de 1 à 6. La moyenne nationale atteint 5,2, soit la mention « bien », avec un écart de 0,4 point entre les prestataires. La Mobilière obtient 5,5, correspondant à la mention « très bien ». Selon bonus.ch, elle se classe première pour la 15e année consécutive. Elvia, le TCS et la Vaudoise obtiennent 5,3, tandis qu’Allianz, AXA et Smile affichent 5,2. Le communiqué ne détaille pas les notes des autres compagnies. Le classement complet peut être consulté sur bonus.ch.
| Assureur | Note bonus.ch 2026 |
|---|---|
| Mobilière | 5,5 |
| Elvia | 5,3 |
| TCS | 5,3 |
| Vaudoise | 5,3 |
| Allianz | 5,2 |
| AXA | 5,2 |
| Smile | 5,2 |
La note moyenne atteint 5,3 en Suisse alémanique, 5,2 en Suisse romande et 5,0 en Suisse italienne. Parmi les dix cantons les plus peuplés, Lucerne obtient 5,5 et le Tessin 5,0. Les moins de 30 ans attribuent une note de 5,1, contre 5,4 pour les personnes âgées de 40 à 49 ans. La moyenne s’établit à 5,3 chez les femmes et à 5,2 chez les hommes. Sur cette échelle de 1 à 6, les notes comprises entre 5,5 et 6 correspondent à la mention « très bien », et celles de 5,0 à 5,4 à la mention « bien ».
Le 2 juillet 2026, Comparis a publié une autre enquête, réalisée par Innofact en mai 2026 auprès de 4 500 personnes. Les notes sont également attribuées sur une échelle de 1 à 6. Le label argent est décerné à partir de 5,0, le label or pour les notes de 5,2 à 5,4 et le label platine à partir de 5,5. Aucun assureur n’a obtenu le platine en 2026. Les treize compagnies évaluées affichent des notes allant de 4,9 pour Elvia à 5,3 pour la Mobilière. Cette dernière arrive également en tête pour chacun des quatre critères examinés : rapport qualité-prix, qualité et service, information et transparence, et points de contact. La note finale résulte d’une moyenne pondérée de ces critères et de la satisfaction globale.
| Assureur | Note Comparis 2026 | Année précédente |
|---|---|---|
| Mobilière | 5,3 | 5,3 |
| TCS | 5,2 | 5,1 |
| Vaudoise | 5,2 | 5,2 |
| AXA | 5,1 | 5,1 |
| Bâloise | 5,1 | 5,1 |
| Zurich | 5,1 | 5,1 |
| Smile | 5,1 | 5,2 |
| Elvia | 4,9 | non précisée dans le détail |
Le 9 avril 2026, moneyland.ch a publié une troisième enquête, menée par Ipsos au début de l’année 2026. Au total, 1 500 personnes âgées de 18 à 74 ans, résidant en Suisse alémanique ou en Suisse romande, ont évalué leur assureur sur une échelle de 1 à 10. La note moyenne atteint 7,8, soit la mention « bien », contre 7,5 l’année précédente. Elle s’élève à 8,0 chez les femmes et à 7,6 chez les hommes. Les 50 à 74 ans attribuent en moyenne 8,2, les 26 à 49 ans 7,6 et les 18 à 24 ans 7,1. Le TCS obtient 8,3, Smile et la Mobilière 8,2, et Zurich 8,0. À partir de 8, la mention est « très bien ». Le Tessin ne figure pas dans l’échantillon. Il convient de distinguer cette étude d’une autre enquête publiée par moneyland en juin 2026, consacrée aux assurances de choses en général, et non spécifiquement à l’automobile.
Ces trois enquêtes ne donnent donc pas exactement le même classement. bonus.ch attribue à Elvia une note de 5,3, qui la place parmi les mieux évalués, tandis que Comparis lui donne 4,9, soit le bas de la fourchette publiée. De son côté, moneyland classe le TCS devant la Mobilière. Ces écarts s’expliquent notamment par des questionnaires, des périodes d’enquête et des échantillons différents. En outre, un dixième de point ne permet pas de connaître la prime correspondant à votre véhicule, à vos franchises ou aux conducteurs désignés. Finwise ne présente donc pas ces résultats comme un classement des contrats d’assurance.
Dans quels cas une hausse permet-elle de résilier ?
Comme le rappelait la Fédération romande des consommateurs le 16 janvier 2026, une augmentation générale de prime annoncée à l’avance ouvre en principe un droit de résiliation extraordinaire, à condition qu’elle ne résulte pas d’un sinistre personnel. Le délai applicable figure dans les conditions générales du contrat. Il est souvent de 30 jours à compter de la notification. La résiliation doit parvenir à l’assureur avant l’expiration de ce délai. À défaut, les nouvelles conditions sont considérées comme acceptées.
En revanche, si l’augmentation fait suite à un accident, ce droit de résiliation extraordinaire ne s’applique pas. La résiliation ordinaire reste toutefois possible. Depuis la révision de la loi sur le contrat d’assurance, entrée en vigueur le 1er janvier 2022, un contrat peut être résilié à la fin de la troisième année, puis chaque année, moyennant un préavis de trois mois. C’est la date de réception de la résiliation qui fait foi. Pour connaître les différents cas de figure, consultez notre page sur la résiliation de l’assurance véhicule.
La nouvelle assurance responsabilité civile doit prendre effet au plus tard à l’expiration de l’ancienne. Un véhicule ne peut pas circuler sans couverture valable ni attestation d’assurance. Il est donc préférable d’organiser le nouveau contrat avant de résilier l’ancien, afin d’éviter toute interruption de couverture et un éventuel retrait des plaques.
Les critères à comparer à garanties égales
Une bonne comparaison d’assurances auto se fait point par point. Voici six éléments à vérifier pour s’assurer que deux offres couvrent réellement des risques comparables.
- La responsabilité civile : comparer la somme assurée, les conducteurs désignés, l’usage du véhicule et son lieu de stationnement.
- La casco : vérifier les risques couverts, la valeur assurée, les franchises en cas de collision ou de bris de glace, ainsi que la couverture des dommages de parcage.
- Les antécédents de sinistres : demander comment le nouvel assureur les prend en compte, puisqu’il n’existe pas de barème fédéral unique de bonus-malus.
- Les garanties complémentaires : distinguer l’assistance, la protection juridique et l’assurance des occupants, puis les isoler si l’on souhaite comparer uniquement le prix de l’assurance auto.
- La date des offres : tenir compte d’éventuelles modifications tarifaires entre, par exemple, une proposition reçue en avril et une autre reçue en octobre.
- Les modalités de résiliation : en cas de hausse sans lien avec un sinistre, vérifier le délai prévu par les conditions générales, souvent de 30 jours, et obtenir la nouvelle attestation avant la fin de l’ancien contrat.
Finwise, cabinet de courtage établi à Genève, peut vous aider à examiner ces différents points en fonction de votre véhicule, des conducteurs et de votre contrat actuel. Un premier conseil est proposé sans frais. Les enquêtes de satisfaction renseignent sur l’expérience des autres assurés ; elles ne remplacent pas l’analyse de vos besoins. Une prime adaptée est celle qui vous permet de bénéficier des garanties nécessaires, avec des plafonds de couverture et des franchises clairement définis.
Faire comparer mon véhicule Voir l’assurance automobile
Sources
- FINMA, rapport sur le marché de l’assurance 2025 : primes casco et responsabilité civile des véhicules, taux de sinistralité et recul de 2 % des mises en circulation selon l’OFS.
- Ordonnance sur l’assurance des véhicules, article 3 ; Bureau national suisse d’assurance, sommes minimales de couverture.
- Association Suisse d’Assurances, tendances et tarifs, 12 septembre 2025.
- bonus.ch, communiqué du 16 juin 2026 ; Comparis, enquête Innofact réalisée en mai 2026 et communiqué du 2 juillet 2026 ; moneyland.ch et Ipsos, enquête publiée le 9 avril 2026.
- Fédération romande des consommateurs, résiliation en cas d’augmentation des primes, 16 janvier 2026.