L’assurance perte de gain maladie, c’est quoi ?

Un accident est couvert par la LAA. Une maladie, non. Pourtant, une dépression, un cancer ou une opération lourde peuvent éloigner un collaborateur de son poste pendant des mois.

L’assurance perte de gain maladie verse un revenu de remplacement lorsqu’un salarié est incapable de travailler pour cause de maladie. Elle protège le travailleur contre la perte de son salaire, et l’employeur contre une charge financière qui peut vite devenir considérable.

Cette assurance est-elle obligatoire en Suisse ?

Non, il n’existe pas d’obligation systématique. Toutefois, de nombreuses conventions collectives de travail l’imposent, notamment dans la construction, l’hôtellerie-restauration ou encore le nettoyage. Il faut donc vérifier au cas par cas ce qui s’applique à l’entreprise.

Même si le secteur d’activité n’impose pas d’assurance, cela ne libère pas l’employeur de ses responsabilités.

Art. 324a CO

Salaire à 100 %

L’employeur doit continuer à verser le salaire en cas de maladie, à 100 %, pendant une durée limitée. En Suisse romande, l’échelle de Berne fait référence : trois semaines la première année, puis une durée croissante avec l’ancienneté.

Délai

Après trois mois

L’obligation ne s’applique qu’après trois mois de rapports de travail, sauf si le contrat a d’emblée été conclu pour plus de trois mois.

Assurance

Transfert du risque

L’employeur peut remplacer cette obligation par une assurance, à condition que les prestations soient au moins équivalentes au régime légal (art. 324a al. 4 CO).

Que couvre-t-elle exactement ?

L’indemnité journalière

La prestation centrale est le versement d’une indemnité journalière pendant l’incapacité de travail. Trois paramètres la définissent.

Taux

80 %

du salaire assuré

Certains contrats montent à 90 ou 100 %, moyennant une prime plus élevée.

Durée

720 / 730 j

selon le régime

720 jours dans une période de 900 jours, le délai d’attente est compris dans les 720 jours. Ou 730 jours moins le délai d’attente.

Délai d’attente

0 à 180 j

parfois davantage

Plus il est long, plus la prime baisse, mais plus l’employeur supporte lui-même la charge du salaire au début de l’incapacité.

Exemple : huit mois d’incapacité

Un salarié en incapacité totale pendant huit mois, avec un contrat prévoyant 80 % du salaire et un délai d’attente de 30 jours. L’employeur verse le salaire complet le premier mois, puis l’assurance prend le relais à 80 % jusqu’à la reprise du travail.

Le salaire assuré

Contrairement à la LAA, il n’existe pas de plafond légal. Le salaire assuré est défini dans le contrat.

La maternité

De nombreux contrats prévoient des prestations en cas de maternité, en complément de l’allocation fédérale. Cette garantie n’est jamais automatique : elle est optionnelle.

Ce qui n’est pas couvert

Les incapacités de travail inférieures à 25 % ne donnent en principe pas droit à des prestations. Les maladies existant avant l’entrée dans l’assurance peuvent faire l’objet d’une réserve.

Échelle légale sans assurance

Sans contrat IJM, le maintien du salaire se limite à l’art. 324a CO. La première année, cela peut représenter seulement trois semaines à 100 %.

Pièges fréquents

Croire qu’une assurance existe alors que seul l’art. 324a CO s’applique Beaucoup de salariés découvrent au moment de tomber malade que leur employeur n’a souscrit aucune assurance. Le maintien du salaire se limite alors à l’échelle légale.
Sous-estimer le délai d’attente Un délai de 60 ou 90 jours réduit la prime, mais l’employeur reste tenu de verser le salaire pendant cette période, selon l’échelle légale.
Perdre sa couverture en quittant l’entreprise L’assurance collective cesse à la fin des rapports de travail. Le droit de passage en individuelle se joue souvent en 30 ou 90 jours.
Négliger les réserves lors d’un changement d’assureur Les incapacités en cours restent en principe à la charge de l’ancien assureur. Un changement mal préparé peut laisser un collaborateur sans couverture.

Croire qu’une assurance existe alors que seul l’art. 324a CO s’applique

Beaucoup de salariés découvrent au moment de tomber malade que leur employeur n’a souscrit aucune assurance. Le maintien du salaire se limite alors à l’échelle légale, par exemple trois semaines la première année de service. Au-delà, plus rien.

Sous-estimer le délai d’attente

Un délai d’attente de 60 ou 90 jours réduit sensiblement la prime, mais l’employeur reste tenu de verser le salaire pendant cette période, selon l’échelle légale. Une entreprise avec beaucoup de collaborateurs récemment engagés supporte ainsi un risque bien réel.

Perdre sa couverture en quittant l’entreprise

L’assurance collective cesse à la fin des rapports de travail. Une maladie survenue pendant la période de couverture continue en principe d’être indemnisée jusqu’à épuisement du droit, mais toute nouvelle atteinte ne l’est plus.

Le salarié dispose d’un droit de passage dans l’assurance individuelle, à exercer dans un délai court, souvent 30 jours en LCA, 90 jours en LAMal. Passé ce délai, le droit est perdu. La prime individuelle est intégralement à la charge de l’assuré et sensiblement plus élevée.

Négliger les réserves lors d’un changement d’assureur

C’est le piège le plus coûteux pour un employeur. Lorsqu’une entreprise change d’assureur, les incapacités de travail en cours restent en principe à la charge de l’ancien assureur, et le nouvel assureur peut refuser de reprendre les cas existants. Un changement mal préparé peut laisser un collaborateur sans couverture pour une atteinte déjà déclarée.

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Vous n’avez pas besoin d’interpréter vous-même votre police, vos CGA ou les dispositions légales.

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1Analyser votre contrat

Nous vérifions sa durée, son échéance, son délai de préavis et les conditions de résiliation.

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Échéance, 3e année, augmentation de prime, cas en cours ou autre situation : nous recherchons le premier motif de résiliation réellement applicable à votre cas.

3Comparer le marché

Nous comparons les primes, mais surtout les prestations : taux, durée, délai d’attente, salaire assuré, maternité, réserves et reprise des cas en cours.

4Mettre en place votre nouvelle assurance

Une fois votre choix effectué, nous organisons la nouvelle couverture et les démarches nécessaires au changement d’assureur.

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