En 2026, le montant maximal que vous pouvez verser au pilier 3a s’élève à 7 258 francs si vous êtes affilié à une institution de prévoyance du 2e pilier. Sans cette affiliation, vous pouvez cotiser jusqu’à 20 % du revenu de votre activité lucrative, dans la limite de 36 288 francs. L’Administration fédérale des contributions (AFC) a confirmé ces montants le 17 novembre 2025 : ils restent inchangés par rapport à 2025. Le plafond de versement correspond également à la déduction fiscale maximale autorisée. Il doit être respecté au franc près.
Le 5 octobre 2026, l’AFC a également communiqué les montants applicables à l’année suivante. Dès le 1er janvier 2027, le plafond pour les personnes affiliées au 2e pilier passera à 7 373 francs, tandis que celui des personnes non affiliées atteindra 36 864 francs, toujours sous réserve de la limite de 20 % du revenu de l’activité lucrative. Ces nouveaux montants ne s’appliquent pas aux versements crédités en 2026. Pour un accompagnement personnalisé, consultez notre page consacrée au pilier 3a. Cet article détaille les plafonds annuels, les conditions de cotisation et les possibilités de rachat ouvertes en 2026.
Deux plafonds selon l’affiliation au 2e pilier
L’article 7 de l’ordonnance sur les déductions admises fiscalement pour les cotisations versées à des formes reconnues de prévoyance (OPP 3) distingue deux catégories. La petite cotisation concerne les salariés et les indépendants affiliés à une institution de prévoyance du 2e pilier. La grande cotisation s’adresse aux personnes qui ne disposent pas d’une telle affiliation. Une affiliation facultative au 2e pilier donne accès à la petite cotisation, et non à la grande. Le critère déterminant n’est donc pas le statut de salarié ou d’indépendant, mais bien l’affiliation à une institution de prévoyance.
La petite cotisation correspond à un montant fixe : 7 258 francs en 2025 comme en 2026. La grande cotisation est calculée en fonction du revenu de l’activité lucrative : elle représente au maximum 20 % de ce revenu, sans pouvoir dépasser 36 288 francs pour ces mêmes années. Si les 20 % de votre revenu sont inférieurs à ce plafond, vous ne pouvez déduire que le montant ainsi calculé. À l’inverse, si le calcul dépasse 36 288 francs, c’est ce dernier montant qui constitue la limite. Le pilier 3b, qui relève de la prévoyance libre, n’ouvre pas droit à cette déduction spécifique.
Ces plafonds sont liés au montant-limite supérieur de la LPP, qui sert de référence à la prévoyance professionnelle obligatoire. Au 1er janvier 2026, il demeure fixé à 90 720 francs, comme en 2025, la rente minimale de vieillesse de l’AVS n’ayant pas été adaptée pour 2026. Selon la circulaire de l’AFC, la petite déduction correspond à 8 % de ce montant et le plafond de la grande cotisation à 40 %. Ainsi, 8 % de 90 720 francs représentent 7 257,60 francs, soit le montant officiel publié de 7 258 francs ; 40 % correspondent exactement à 36 288 francs. Les plafonds du pilier 3a évoluent donc en fonction de cette référence légale, et non indépendamment de celle-ci.
Évolution des plafonds de 2022 à 2027
L’AFC publie chaque année les montants maximaux déductibles, qui correspondent également aux limites de cotisation au pilier 3a. Les plafonds de 2025 et de 2026 sont identiques. La précédente augmentation est intervenue en 2025, et la suivante prendra effet le 1er janvier 2027.
| Année fiscale | Avec 2e pilier | Sans 2e pilier, plafond |
|---|---|---|
| 2027 | 7 373 CHF | 36 864 CHF |
| 2026 | 7 258 CHF | 36 288 CHF |
| 2025 | 7 258 CHF | 36 288 CHF |
| 2024 | 7 056 CHF | 35 280 CHF |
| 2023 | 7 056 CHF | 35 280 CHF |
| 2022 | 6 883 CHF | 34 416 CHF |
La page de l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS), publiée le 10 février 2026, mentionne encore des montants de 7 258 francs et de 36 288 francs « dès 2025 ». Elle ne tient donc pas compte du communiqué de l’AFC du 5 octobre 2026 relatif à l’année suivante. Les informations se complètent : les plafonds de 7 258 et 36 288 francs s’appliquent à 2025 et à 2026, tandis que les nouveaux montants entrent en vigueur le 1er janvier 2027. Un versement de 7 373 francs crédité en décembre 2026 dépasserait ainsi le plafond de l’année concernée ; l’excédent ne serait pas déductible pour 2026.
L’administration précise par ailleurs que les montants versés ne peuvent pas être arrondis à la hausse. Un plafond de 7 258 francs ne permet donc pas un versement déductible de 7 300 francs. Le même principe s’appliquera à la limite de 7 373 francs en 2027. Enfin, la colonne « sans 2e pilier » indique un maximum absolu, et non une somme que chaque personne non affiliée peut automatiquement verser : la limite de 20 % du revenu reste applicable.
La grande cotisation dépend du revenu
Pour calculer la grande cotisation, on retient le revenu de l’activité lucrative soumis à l’AVS. Les revenus de la fortune, les rentes et les retraits de prévoyance n’entrent pas dans cette base de calcul. Un indépendant non affilié à une caisse de pension et disposant d’un revenu d’activité net de 80 000 francs peut ainsi verser au maximum 16 000 francs, soit 20 % de ce revenu. Avec un revenu de 200 000 francs, le calcul donne 40 000 francs, mais le plafond légal ramène la cotisation maximale à 36 288 francs en 2026, puis à 36 864 francs en 2027.
Un salarié dont la rémunération se situe sous le seuil d’entrée de la LPP, fixé à 22 680 francs en 2026, n’est en principe pas assuré obligatoirement au 2e pilier. S’il n’est pas affilié à une institution de prévoyance, il peut donc relever du régime de la grande cotisation, toujours dans la limite de 20 % de son revenu d’activité. Il en va autrement pour une personne affiliée par son employeur ou pour un indépendant ayant choisi une affiliation facultative. Pour déterminer le plafond applicable, vérifiez en priorité votre attestation d’affiliation à la caisse de pension.
Les époux et les partenaires enregistrés ne partagent pas un plafond commun. Chacun peut bénéficier de sa propre déduction s’il perçoit un revenu d’activité soumis à l’AVS et dispose d’une police ou d’une convention de prévoyance à son nom. En revanche, une personne sans revenu d’activité ne peut pas utiliser le plafond de son conjoint ou de son partenaire.
Qui peut cotiser au pilier 3a en 2026 ?
Le droit de cotiser au pilier 3a repose en principe sur l’exercice d’une activité lucrative salariée ou indépendante générant un revenu soumis à l’AVS. L’OFAS mentionne également certaines situations particulières : les personnes domiciliées à l’étranger mais travaillant en Suisse et soumises au régime suisse, les bénéficiaires d’indemnités journalières de l’assurance-chômage suisse ainsi que les personnes partiellement invalides qui continuent de percevoir un revenu d’activité soumis à l’AVS. Sans revenu ouvrant le droit de cotiser, aucun versement ordinaire au pilier 3a n’est possible.
Il est possible de continuer à cotiser jusqu’à cinq ans après l’âge de référence de l’AVS, à condition de poursuivre une activité lucrative. Durant l’année de cessation d’activité, une cotisation dans les limites de l’article 7 de l’OPP 3 reste possible, mais elle doit être effectuée avant la fin de cette activité. Une fois celle-ci terminée, la fondation bancaire ou l’assureur ne peut plus accepter de nouvelles cotisations. Il n’est donc pas possible d’attendre le mois de janvier suivant pour effectuer un versement au titre de l’année durant laquelle vous avez cessé de travailler.
Le pilier 3a peut prendre la forme d’une police de prévoyance liée auprès d’une compagnie d’assurance ou d’un compte de prévoyance liée auprès d’une fondation bancaire. Ce choix ne modifie pas les plafonds légaux, mais il peut influencer les modalités de versement, la flexibilité et les garanties proposées. Nous détaillons ces différences dans notre article 3e pilier : assurance ou banque ?.
Racheter des années de cotisation manquantes
Depuis le 1er janvier 2025, la réglementation permet, sous certaines conditions, de combler des lacunes de cotisation au pilier 3a. Les premiers rachats peuvent être effectués pendant l’année fiscale 2026 et porter sur une lacune de 2025. Les années antérieures à 2025 restent exclues, même si aucune cotisation n’y a été versée. À terme, les rachats pourront concerner des lacunes remontant à dix ans au maximum, sans jamais remonter avant 2025.
Trois conditions doivent notamment être respectées. Premièrement, vous deviez avoir le droit de cotiser au pilier 3a pendant l’année où la lacune s’est constituée, en raison d’un revenu d’activité soumis à l’AVS en Suisse. Deuxièmement, vous devez également remplir cette condition durant l’année du rachat. Troisièmement, vous devez avoir versé l’intégralité de votre cotisation ordinaire autorisée pour cette même année : 7 258 francs si vous êtes affilié au 2e pilier en 2026, ou 20 % de votre revenu d’activité, dans la limite de 36 288 francs, si vous ne l’êtes pas.
Le rachat fait l’objet d’un plafond distinct, identique à celui de la petite cotisation. En 2026, il est donc limité à 7 258 francs par année fiscale, en plus du versement ordinaire. Cette limite s’applique même aux personnes non affiliées au 2e pilier : elles ne peuvent pas effectuer un rachat de 36 288 francs. La circulaire de l’AFC précise en effet que le plafond du rachat correspond à 8 % du montant-limite supérieur de la LPP, indépendamment de l’affiliation. Un seul rachat est autorisé par année fiscale. Une lacune d’une année déterminée ne peut être comblée qu’en une seule opération, mais un même rachat peut couvrir des lacunes de plusieurs années, dans la limite du plafond annuel. Il n’est pas nécessaire de le verser auprès de la même institution que celle qui avait reçu les cotisations ordinaires de l’année concernée.
Le montant racheté est fiscalement déductible au même titre qu’une cotisation ordinaire. Ainsi, une personne affiliée au 2e pilier qui verse 7 258 francs au titre de 2026 et rachète une lacune de 2025 d’au moins le même montant peut, si toutes les conditions sont réunies, déduire au total 14 516 francs. Il ne s’agit pas d’un relèvement du plafond ordinaire, mais de l’addition de la cotisation annuelle et d’un rachat autorisé. Le rachat n’est plus possible après la perception d’une prestation de vieillesse du pilier 3a. Il peut rester accessible jusqu’à cinq ans après l’âge de référence, pour autant que l’activité lucrative se poursuive.
Pourquoi la date du crédit est déterminante
La déduction fiscale est rattachée à l’année durant laquelle le versement est effectivement crédité sur une forme reconnue de prévoyance. Un ordre de paiement transmis le 30 décembre, mais crédité seulement en janvier, relève donc de l’année suivante et de ses plafonds. Pour qu’une cotisation soit prise en compte en 2026, elle doit parvenir à l’institution de prévoyance avant la fin de l’année civile. Les fondations bancaires et les assureurs peuvent fixer des échéances internes plus précoces afin de tenir compte des délais de traitement et des jours fériés. L’attestation fiscale établie par l’institution permet de justifier les montants retenus.
En cas de rachat, les justificatifs doivent également faire apparaître la date, le montant et l’année à laquelle se rapporte la lacune comblée, en distinguant cette opération de la cotisation ordinaire. Un simple virement dépourvu d’attestation de prévoyance reconnue ne suffit pas à ouvrir une déduction fiscale. Les cotisations admissibles réduisent le revenu imposable dans le cadre de l’impôt fédéral direct ainsi que des impôts cantonaux et communaux. Cette déduction ne préjuge toutefois pas de l’imposition du capital lors de son retrait, laquelle obéit à des règles distinctes, notamment cantonales.
Plusieurs comptes, un seul plafond annuel
La détention de plusieurs comptes ou polices 3a ne multiplie pas le montant déductible. Le plafond s’applique à l’ensemble des versements effectués par une même personne pendant l’année fiscale. Ainsi, ouvrir trois comptes ne permet pas de verser trois fois 7 258 francs en 2026 lorsque l’on est affilié au 2e pilier. L’intérêt de disposer de plusieurs comptes réside plutôt dans la possibilité d’échelonner les retraits à la retraite, puisque les prestations perçues la même année peuvent se cumuler pour le calcul de l’impôt. Cette stratégie ne modifie pas le plafond de cotisation annuel.
Une cotisation ordinaire et un rachat peuvent être versés auprès de deux institutions différentes, mais chacun doit respecter les règles qui lui sont propres : le plafond ordinaire dépend de votre affiliation, tandis que le rachat est limité au montant de la petite cotisation. Si vous avez déjà versé 7 258 francs au titre de votre cotisation ordinaire en mars, un second versement du même montant en novembre ne peut pas être considéré comme une nouvelle cotisation ordinaire. Pour être admis comme rachat, il doit répondre aux conditions légales et être attesté comme tel.
Dans quels cas retirer son avoir 3a ?
L’épargne du pilier 3a est liée : elle ne peut pas être retirée à tout moment. Dans le cadre de la retraite, le versement des prestations peut intervenir au plus tôt cinq ans avant l’âge de référence de l’AVS et, sous les conditions prévues, au plus tard cinq ans après cet âge. Un retrait anticipé est également autorisé dans certaines situations, notamment pour effectuer un rachat dans le 2e pilier, en cas de perception d’une rente entière de l’assurance-invalidité lorsque le risque d’invalidité n’est pas assuré, lors du passage à une activité indépendante, en cas de départ définitif de Suisse ou pour financer un logement destiné à ses propres besoins, y compris le remboursement d’un prêt hypothécaire.
À la sortie, le capital est imposé selon les règles applicables aux prestations de prévoyance, comme pour le 2e pilier. Cotiser chaque année jusqu’au plafond peut accroître l’avoir disponible à la retraite, mais ne permet pas, à lui seul, de déterminer le montant de l’impôt dû lors du retrait. Il faut également garder à l’esprit qu’un retrait de prestation de vieillesse ferme l’accès aux rachats ultérieurs. Avant de planifier vos versements de 2026, vérifiez donc les retraits que vous envisagez éventuellement pendant la même période.
Finwise, cabinet de courtage à Genève, peut vous aider à vérifier le plafond qui s’applique à votre situation, à partir de votre affiliation au 2e pilier, de votre revenu soumis à l’AVS et des versements déjà crédités en 2026. Le conseil de base est proposé sans frais. Les principales erreurs consistent à considérer les 36 288 francs comme un montant accessible à toute personne sans caisse de pension ou à effectuer trop tard un versement destiné à l’année en cours.
- Avec un 2e pilier : vous pouvez verser jusqu’à 7 258 francs en 2026. Sans 2e pilier : le maximum est de 20 % du revenu d’activité, dans la limite de 36 288 francs.
- Respectez l’année fiscale : le versement doit être crédité en 2026 pour bénéficier des plafonds 2026. Les montants de 7 373 et de 36 864 francs s’appliqueront dès le 1er janvier 2027.
- Pour un rachat en 2026 : vous devez avoir entièrement versé votre cotisation ordinaire, justifier d’une lacune remontant au plus tôt à 2025 et respecter le plafond de rachat de 7 258 francs.
- Avec plusieurs comptes : les cotisations sont additionnées. Le nombre de comptes ne change pas le plafond personnel.
- Dans un couple : chaque époux ou partenaire enregistré disposant d’un revenu d’activité soumis à l’AVS peut bénéficier de son propre plafond, au moyen d’un contrat à son nom.
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Sources
- Administration fédérale des contributions, déductions maximales du pilier 3a, série de 2022 à 2027 ; communiqué du 17 novembre 2025 concernant les montants 2026 et communiqué du 5 octobre 2026 concernant 2027.
- Office fédéral des assurances sociales, le troisième pilier, page du 10 février 2026, et document sur les montants en vigueur au 1er janvier 2026.
- Ordonnance OPP 3, article 7 relatif aux cotisations et article 7a relatif aux rachats ; circulaire de l’Administration fédérale des contributions sur les cotisations et les prestations du pilier 3a.